Le rêve est-il décodé ?
I) Introduction
Basiquement, dans l’interprétation des rêves, une fois que votre rêve est écrit et que vous le travaillez, il y a deux étapes :
1) Il faut trouver une ou des pistes crédibles pour votre ou vos rêves.
2) Les valider ou pas.
Ce chapitre se concentre sur la deuxième étape.
Bien évidemment, la troisième étape consisterait à apprendre des deux premières étapes pour exploiter au mieux la situation afin d’améliorer ses capacités dans ces deux étapes. Il s’agit de faire un feed-back de chacune de ses recherches. C’est important.
- La plupart des chapitres de ce site sont là pour la première étape : comment proposer une ou des pistes crédibles au rêveur ?
Au début, c’est principalement l’interprète qui s’occupe de cette étape, même si le rêveur y participe aussi. Par exemple, face à un symbole individuel, le rêveur est le seul à savoir ce qu’il évoque ou à quoi il correspond.
Plus tard, plus expérimenté, la recherche de pistes se fera à deux.
- Avec un rêveur peu ou pas expérimenté, la deuxième étape se fait à deux : c’est principalement le rêveur qui la fait, l’interprète l’aidant un peu. Plus tard, une fois le rêveur expérimenté, il n'aura besoin de personne pour valider ou pas une interprétation.
Relativement à cette manière de décomposer le problème, nous avons basiquement deux cas :
Premier cas. La difficulté est de trouver de quoi parle le rêve puis de le décoder en entier et pas du tout de le valider. Dans ce cas, ce chapitre n’a pas d’intérêt.
Dans le chapitre « Symboles individuels, symboles collectifs et sens du rêve », le deuxième exemple que j’ai exposé est de ce type. La difficulté a été de déterminer de quoi parle le rêve. Une fois que l’on sait que le lion code le père du rêveur, il a été facile de décoder le rêve et très facile pour le rêveur de le valider. Des informations supplémentaires ont permis une redondance dans la validation de la bonne interprétation du rêve.
Dans le chapitre « Le rêveur avec l'interprète », pour le neuvième exemple, il a été relativement facile de déterminer qu’Yves Montand code le père du rêveur. Il a été bien plus difficile de déterminer que le rêve parle de l’absence de communication entre le rêveur et son père : le père du rêveur est froid avec lui. Cependant, une fois cela fait, la validation du décodage a été particulièrement facile et rapide. Plus tard, le rêveur a vu l'action de ce rêve : il est devenu moins froid.
Deuxième cas. Une ou plusieurs pistes crédibles ont été élaborées mais le rêveur a du mal ou ne sait pas discerner si une des pistes est valable ou aucune.
Dans le chapitre « Symboles individuels, symboles collectifs et sens du rêve », le premier exemple est de ce type. Il a été difficile de déterminer que la nouvelle copine de l’ex-mari de la rêveuse code sa fille. Une fois cela fait, j’ai facilement donné plusieurs pistes à la rêveuse. Sur l’instant elle n’a pas été capable de valider une piste. Il a fallu qu’elle reprenne toutes ces pistes pour en valider une.
Parfois la difficulté de valider ou pas une piste est encore plus difficile. Il y a aussi risque d'erreur : le rêveur valide une piste mais il se trompe, ou il n'en valide aucune alors qu'une d'elles est bonne.
Bien évidemment, je n'ai pas mis sur ce site ce genre de rêve comme exemple car précisément je ne suis pas sûr de leur bon décodage !
Le reste de ce chapitre est écrit pour ce deuxième cas.
Si vous êtes le rêveur et votre propre interprète. Il faut que vous fassiez bien la différence entre ces deux étapes que vous faites tout seul. Une bonne idée serait de revenir plus tard (quelques jours après votre première étude) sur votre rêve, pour ne refaire que la deuxième étape sur la ou les pistes que vous avez trouvées (et écrites).
II) Une difficulté qui ne se voit pas.
Dans les cas qui nous intéressent, la deuxième étape (valider ou pas une bonne interprétation) n’est assez souvent pas du tout triviale : il y a beaucoup de pièges à éviter. Cela s’apprend, et lentement. Le plus grand piège de cette étape est que cette difficulté ne se voit pas !
De plus, il m’est presque impossible d’écrire quelque chose de structuré pour vous apprendre cela assez facilement.
Les notions que j’aborde dans les chapitres « rêve externe, rêve interne » ou « partir de la problématique », par exemple, sont des notions faciles à expliquer. En écrivant ces chapitres, j'ai à peu près fait le tour du sujet. Si vous le lisez plusieurs fois, vous serez armé pour pouvoir, devant vos rêves, exploiter ce que vous avez appris. Cela ne veut pas dire que vous y arriverez facilement. Cela veut dire que je vous ai armé pour cela autant qu’on peut le faire en écrivant ce qu’il y a à savoir.
Dans le chapitre « symbole individuel, symbole collectif, sens du rêve », la situation est intermédiaire. Pour les symboles collectifs et pour le sens du rêve, je sais parfaitement expliquer la chose. À l’inverse, j’ai été plus que discret sur les symboles individuels car je ne sais expliquer cela qu’en interaction avec moi sur des rêves que l’on traite ensemble.
C’est presque la même chose pour ce chapitre et c’est pour cela que je l’ai écrit deux ans après la mise de ce site sur le net. Je vous l’ai écrit pour vous aider, mais je ne sais pas structurer les connaissances que j’ai. Ce chapitre est là pour vous donner des éléments et pour vous inviter à ne pas croire que la deuxième étape est facile.
Je vous donne maintenant quelques exemples pour illustrer que parfois la difficulté à valider ou pas une interprétation est grande
Cependant, cette partie est fastidieuse et vous pouvez la passer pour une première lecture et aller directement au III. Vous y reviendrez plus tard pour bien voir tous les exemples d'erreur possibles.
- Je vais avec ma copine à une matinée sur l’interprétation des rêves. Elle ne connaît guère le sujet. Nous avons travaillé une vingtaine de rêves, pas plus. Nous arrivons un peu en retard et il y a une douzaine de personnes dans la salle. Je connais deux de ces personnes. La psy, jungienne, parle d’un rêve. Il a été fait par une des personnes présentes dans la salle. Nous prenons ses explications en cours. Nous assistons à une dissertation improvisée autour d’un rêve. Elle n’est presque pas en interaction avec le rêveur. Un peu moins d’une heure après, je propose à mon amie de partir. Nous nous excusons et partons. Mon amie me dit : « Purée, elle a brodé autour d’un rêve pendant une heure ! »
Pour les rêves que j’ai traités avec mon amie, les choses étaient simples. Au bout de dix à quinze minutes, grand maximum, le rêve est traité : nous l’avons décodé ou pas ! Mais nous avons fait le tour du sujet.
Je pense que cette psy jungienne ne sait pas ou très peu décoder les rêves. Elle se leurre à faire ce genre de rencontre.
Plus tard, je revois une de mes deux connaissances (il est resté à cette rencontre autour du rêve jusqu’au bout). Je lui ai demandé s’il avait demandé au rêveur si son rêve avait été décodé. Il me dira que le rêveur lui a répondu un oui poli : le rêve n’a pas été décodé !
Dans ce cas, le rêveur sait que son rêve n’a pas été décodé, mais l’interprète ne maîtrise pas ce sujet non plus (l’aptitude à aider le rêveur à discerner si le rêve a été décodé ou pas). On a dû apprendre à cette psy autre chose que de l’efficacité. Je pense qu’elle n’a pas eu de problème grave à régler comme moi et aime disserter.
- Une copine qui travaille sur elle (et depuis longtemps) me dit qu’elle sait décoder ses rêves. Je n’y crois pas une seconde mais je l’interroge. Je lui demande si elle a appris, si elle a fait des stages ou des séances en individuel (je ne parle pas de lire des livres ou des sites sur le net). Elle me répond que non ! Elle sait faire cela, comme ça, spontanément. Je sais alors qu’elle risque fort de me dire des bêtises plus grosses qu’elle. Puis je lui demande de me montrer cela sur des rêves précis, en me donnant le rêve et son interprétation. Après l’avoir écoutée, je sais qu’elle ne sait rien faire. Elle n’a pas interprété le rêve, le premier et le second degré sont les mêmes alors qu’une fois décodés ils ne se ressemblent pas. En fait, elle a réexprimé le premier degré du rêve.
Cette femme ne sait faire aucune des étapes principales autour du rêve. Elle croit cependant que les choses sont faciles et qu’elle sait faire cela spontanément. Elle croit donc savoir faire cette deuxième étape.
J’ai envisagé qu’elle me jouait la comédie mais je ne suis pas sûr de cela.
- Avant ma première séance avec la personne qui m'a formé, j’avais fait une cinquantaine de jours de stage en psychocorporel et des dizaines de séances en individuel. Cependant, j’étais en échec malgré tous mes efforts et je le savais. J’étais allé à des conférences sur l’interprétation des rêves mais avais trouvé cela, comme beaucoup de choses en psychothérapie, dans le meilleur des cas, très peu efficace, dans le pire stupide ou totalement déconnecté de la réalité (se résoudre ses problèmes).
On me parle alors d’une psy comme étant excellente. On me parle d’elle et pas de sa technique. Je vais donc faire une première séance avec elle. Je fais 90 km aller et bien sûr autant au retour. J’ai passé trois heures et demie à décoder des rêves. Au retour, je m’étais dit que c’était encore une connerie de la psychothérapie. Bien plus tard, face à ses grandes aptitudes, il était évident que nous avions décodé une partie des rêves que je lui ai présentés. Cependant, sur l’instant, je n’avais validé aucune de ses propositions. J’étais attentif à ce que je ressentais (venant d’une école de psychothérapie psychocorporelle) face aux propositions quelle me faisait. J’y réfléchissais aussi pour en comprendre le sens.
Des rêves ont été décodés mais je n’en ai validé aucun. Je n’avais aucune aptitude pour cette deuxième étape !
Cet exemple est l’exact inverse de l’exemple précédent : des rêves sont décodés, mais je ne m’en aperçois pas, alors que dans l’exemple précédent, ils ne le sont pas, mais la rêveuse le croit.
Suite à cette séance, mon nombre de rêves explosera : au lieu d’en avoir trois ou quatre par semaine, ce sera un peu plus de deux par nuit. Je ne découvrirai cela qu’une paire d’années après, car sur l'instant, je suis concentré sur autre chose.
Cette dernière remarque (la grande augmentation du nombre de rêves) donne une indication supplémentaire pour savoir si des rêves sont décodés.
Lors de la deuxième séance, pour les premiers rêves que l'on traite, cela se passe comme pour la première séance. Puis pour un rêve, elle me fait une première proposition. Celle-ci ne m'interpelle pas plus que le reste. Elle m'en fait alors une seconde, et là, je rentre dans le pleur… et pas qu'un peu. Cette fois-ci, je suis absolument sûr du bon décodage du rêve. Je suis même totalement surpris de l'émotion que génère le bon décodage de mon rêve. Je change d'avis sur cette psy.
- Je fais une soirée sur les rêves chez moi. Deux personnes viennent. Une personne est à ma gauche et une autre en face de moi. Nous traitons le rêve de la personne qui est en face de moi. Lors d’une proposition, une émotion apparaît clairement sur le visage de la rêveuse. Je suis attentif à lire ce que son visage exprime et cela est facilité par le fait qu'elle est en face de moi. Il semble que le rêve soit décodé. Juste après, la personne à ma gauche indique que c’est ce que je dis qui touche la rêveuse et pas l’émotion liée au bon décodage du rêve. La personne à ma gauche est néophyte dans le décodage des rêves et peu rompue à la psychologie : je ne prends donc pas pour sûr ce qu’elle me dit. Pour ma part, cela ne m’arrive jamais ou extrêmement rarement d’avoir une telle émotion sur ce que l’on me raconte. Ainsi, pour moi, si j’ai une émotion, suite à une proposition de décodage, c’est que le rêve est décodé. Je demande ce qu’il en est à la rêveuse, mais elle n’est pas capable de discerner entre les deux possibilités.
Une émotion apparaît suite à une proposition d’interprétation, mais la rêveuse n’est pas sûre du bon décodage du rêve. Elle ne fonctionne pas comme moi et comme pas mal d'autres rêveurs.
- J’ai observé (mais en étant expérimenté) que pour certains rêves, dont je n’ai initialement trouvé que des pistes crédibles, j'ai pu en valider une d’elles, assez rapidement, en les retravaillant quelques jours après. Il ne s'est rien passé entre les deux fois où je les ai travaillés, mais le nouveau regard a facilement clarifié la situation : la deuxième étape a pu être faite, et rapidement. Cette technique (revenir plus tard sur les pistes que l'on a déjà prises) ne fonctionne que de temps en temps.
- Un de mes amis m’a indiqué certains de mes changements (changements sur une période assez courte). Il m’a décrit comment j’étais avant et comment je suis depuis. À chaque fois, je me suis demandé quels rêves ont pu me faire changer. Je n’ai jamais trouvé. Sauf si ces changements proviennent d’autre chose que de mon travail sur moi, je ne sais pas quels sont les rêves qui m’ont fait changer. J’ai dû prendre pour certains de mes rêves des pistes que je n’ai pas validées, mais certaines de ces pistes ont été les bonnes et ont causé ces changements.
Ainsi la deuxième étape est parfois très délicate.
III) Validation ou pas d’un rêve.
a) Le contexte
Lorsqu’une proposition d’interprétation est faite pour un rêve, il y a quatre cas.
Ce tableau suppose qu’un rêve n’a qu’une seule bonne interprétation. Par bonne interprétation, je ne parle pas de l’accord du rêveur et/ou de l’interprète. Je parle du fait que le bon décodage du rêve déclenche la réduction du problème ou le changement de comportement. Cette opinion que je me suis peu à peu forgée a deux origines. Mon expérience en général, mais aussi, car quelques-uns de mes rêves m’ont expliqué cela (une fois décodés).
Ainsi, ce que pense le rêveur est l’opinion du conscient alors que ce qu’il en est réellement est ce que sait la partie positive de l’inconscient du rêveur qui élabore le rêve puis le lui envoie. Cette partie le sait, car c’est elle qui a généré la totalité du rêve.
Cela suppose que je ne parle pas de rêve prémonitoire, à caractère ésotérique ou d'autres bizarreries que l’on trouve un peu de partout sur le net.
Un rêve est fait pour être décodé. C’est un message de l’inconscient pour le conscient et dont le décodage modifie un peu, pour mieux, le psychisme du rêveur.
Bien évidemment, si le rêve est en plusieurs parties, vous pouvez en avoir décodé une et pas les autres.
Ce qui suit maintenant est décomposé en deux parties. La première est une vision simple de la chose, un point de départ, un résumé. La deuxième donne plus d'informations, est plus longue à lire, mais est plus précise. Vous la lirez dans un second temps.
b) La seconde étape : les bases
→ La première chose pour qu’une interprétation soit crédible est que le message au second degré soit éloigné du message initial. Sinon, bien évidemment, il n’y a pas d’interprétation et votre rêve n'est pas décodé : vous ne changerez pas !
→ Le deuxième point est que le second degré est un message simple à comprendre : ce ne peut être quelque chose de compliqué à comprendre ou d'ésotérique.
→ Basiquement nos rêves nous parlent :
- De nos problèmes causés par notre père ou notre mère, en général quand nous sommes petits (ou par ceux qui nous ont élevés). Des rêves peuvent juste les décrire.
- Que l’on a des défauts à corriger ou des problèmes qui nous sont bien particuliers (comme pour moi mon sommeil). Ils peuvent venir de situations, de scènes passées, ou pas.
- D'une partie négative dans notre inconscient, un ennemi intérieur. Il faut alors comprendre ce qu'il fait pour faire agir au mieux le bon décodage du rêve.
- Des problèmes actuels que nous avons avec notre entourage extérieur : parents, enfants, collègues de travail, divorce, perte d'emploi ou autres.
- Vous pouvez avoir des rêves de feedback.
→ Face à une interprétation possible, la base est de se dire : « Qu’est-ce que je ressens et qu’est-ce que je pense de l’interprétation ? ». Vous devez vous demander si cette interprétation, cette hypothèse colle, si elle vous parle.
Cependant, ce que l'on pense et ce que l'on ressent peuvent ne pas être en accord. Il faut alors creuser le sujet puis écrire le résultat de votre travail à la suite de votre rêve.
→ Vous pouvez chercher des éléments autour du rêve pour chaque proposition pour différencier laquelle est la bonne. Pour chaque proposition, vous partez de celle-ci et allez vers le rêve pour la valider ou pas.
→ Si plusieurs rêves vous parlent du même problème et si vous ne changez pas sur ce point, c'est que vos interprétations sont fausses.
c) La seconde étape : complément
Cette partie concerne les personnes qui ont déjà plusieurs centaines de rêves.
→ Validation par l’action de votre ou vos rêves.
J’illustre d’abord cela par quelques exemples.
- Le premier exemple du chapitre « L'efficacité de la technique » illustre cela. L’action du rêve est perceptible instantanément.
Un de mes amis ne veut plus me voir et j’en ai vraiment de la peine. J’attends un rêve (ou une série) pour réduire mon problème. J’en ai un. Une fois ce rêve décodé, sur l’instant, la peine est très clairement réduite. Je ne le reverrai plus et puis voilà. Un autre plus tard m’invitera à passer à autre chose.
- Je parle de mon rêve le plus important dans le chapitre « Les grands rêves ».
Ce rêve parle de mon sommeil. Avant, ce rêve, en milieu de nuit, je me réveillais avec une douleur vraiment importante à la tête. Puis j’ai un rêve que je crois avoir correctement décodé. Son action n’est pas perceptible sur le moment comme dans le cas précédent. Il faudra cette fois-ci attendre la prochaine nuit pour savoir s’il a correctement agi (comme tous les rêves que j’ai eus pour rétablir mon sommeil). La nuit suivante, le réveil est là mais le mal de tête est devenu l’ombre de lui-même : j’ai bien décodé mon rêve.
C’est le seul de mes rêves parlant de mon sommeil qui a eu un tel effet. Pour tous les autres, je n’ai rien vu, j’ai simplement senti une petite évolution sur plusieurs rêves. Cela veut dire que parmi ceux sur lesquels j’ai pris la piste de mon sommeil, une partie (ou la totalité) de ceux-là ont été correctement décodés puisque mon sommeil s’est amélioré.
- Le quatrième exemple du chapitre « Partir de la problématique » illustre une action perceptible mais bien après le décodage. Ma psy veut prendre la piste, à cause d’un symbole individuel dans un de mes rêves, que mon inconscient veut m’enlever une trop grande quantité d’humour. Cette fois-ci ce n’est pas un, mais huit rêves dont la piste serait ‘Tu as trop d’humour’.
Je n’en valide que trois sur huit mais je suis attentif à bien comprendre ce qu’elle me propose pour les cinq autres. Il me faudra une dizaine de jours pour observer que je ne suis plus tout le temps en train de raconter mes blagues. La série, ou au moins plusieurs de ces huit rêves, ont bien été décodés puisque j’ai totalement changé sur ce point.
Synthèse
Pour un seul rêve, son action (si elle est significative et durable) peut permettre de valider son bon décodage. Si vous avez pris plusieurs pistes pour ce rêve, vous trouverez la bonne en reliant ce qui a changé chez vous aux pistes que vous avez prises. Si le changement n’est pas important et durable, on peut se tromper et penser avoir changé sans que ce soit le cas.
Cependant, ne pas voir de changement significatif n’indique pas forcément une erreur dans le décodage du rêve. Ce dernier peut avoir un faible effet, non perceptible.
Pour une série de rêve sur le même sujet, la chose est différente : la série doit avoir agi. Si vous avez eu une série d’au moins six à sept rêves sur le même sujet (au second degré bien sûr) et si vous n’avez pas changé, c’est qu’il y a une erreur quelque part : tous ou une part importante des rêves de cette série n’ont pas été décodés.
→ Validation par l’arrêt de la récurrence.
Si vous avez un rêve récurrent et si la série s’arrête, il y a deux cas :
- Vous savez que pour le dernier de ces rêves vous avez trouvé une autre piste que vous trouvez assez crédible : vous l’avez décodé. Il y a de fortes chances que le changement soit perceptible car vous avez décodé plusieurs rêves sur le même sujet (tous ceux de la série).
- Vous ne l’avez pas décodé et votre inconscient, à cause de votre incompétence pour le décodage de ce rêve récurrent, arrête de vous l’envoyer. Il pourra ou pas revenir sur ce sujet plus tard.
→ Validation par la redondance des informations provenant du rêve et du rêveur.
J’ai donné des exemples dans le chapitre « Récurrence dans un rêve » et dans le chapitre « Symboles individuels, symboles collectifs et sens du rêve » pour le deuxième exemple.
Si votre rêve est en plusieurs parties et si vous tenez une piste, vous pouvez la confronter à chacune des parties du rêve puis aux différentes parties ensemble.
Cette fois-ci, s’il y a beaucoup d’informations dans le même sens, votre rêve est décodé.
→ Revenir sur des rêves déjà travaillés.
Vous avez du temps et vous décidez de le consacrer à revenir sur des rêves que vous avez déjà travaillés. Vous avez bien sûr écrit vos rêves, les pistes que vous avez prises et celle que vous considérez comme la bonne ou la plus probable.
Il y a alors deux cas :
- Vous ne trouvez pas d’autres pistes.
Rien ne changera pour ce qui est de votre travail sur vous : si une des pistes trouvées était bonne, votre rêve a agi, sinon, il n’a pas agi et il en restera ainsi : pas de progrès psychologique.
Ce travail, que vous changiez d’avis ou pas sur la piste préférentielle, vous permettra de travailler votre aptitude à décoder des rêves.
Il arrive que ce travail vous permette de voir plus clair sur ce que vous penserez de ce rêve.
- Vous trouvez une ou d’autres pistes.
Si elle ou l’une d’elles est la bonne, vous progressez sur votre travail sur vous.
Vous devez alors refaire le travail de la seconde étape avec plus de pistes.
Comme dans le premier cas, il arrive que ce que vous penserez de ce rêve devienne plus clair.
→ Vous êtes l’interprète.
Si vous êtes interprète et si vous avez lu un des rêves de votre client, vous pouvez en avoir déduit plusieurs interprétations plausibles.
Je vous recommande alors de faire ces propositions pour ce rêve par ordre croissant de crédibilité. Cela aidera le rêveur dans sa validation de l’interprétation. Si une des propositions lui parle, il pourra alors comparer avec celles que vous lui avez proposé avant.
Parfois une interprétation semble particulièrement plausible et, sans que le rêveur et l’interprète ne s’en rendent compte, ils ne traiteront pas les autres propositions pourtant plus crédibles aux yeux de l’interprète. La logique voudrait que l’on parle des autres propositions, au cas où, mais l’intuition fait qu’on ne le fait pas.
Plus tard, l’interprète peut se rendre compte de cela et constater son oubli. En général ce n’en est pas un : l’intuition a validé la bonne interprétation.
→ Le rêveur se trompe sur la deuxième étape.
Il peut arriver que le rêveur pense que son rêve soit décodé, mais il ne l’est pas. Ce cas est assez fréquent. On peut se faire avoir pour pas mal de raisons.
- Le rêveur peut être crédule, pas très intelligent, pas assez expérimenté.
- L’interprète peut trouver des pistes intelligentes et le rêveur trop sensible aux capacités intellectuelles de l’interprète. Si ce que raconte l’interprète est vraiment intelligent, l’erreur du rêveur est compréhensible.
- L’interprète peut ésotériser.
Selon moi, les deux défauts les plus importants des interprètes (dans leur rôle d’élaborer une interprétation possible pour un rêve) sont l’intellectualisation et l’ésotérisme.
- L’interprète peut avoir trop d’influence sur le rêveur dans la partie qui ne doit pas être la sienne (la validation du rêve) : il est l’interprète et le rêveur à la fois !
- Le rêveur peut attendre un rêve sur un sujet qui l’intéresse et voir une interprétation dans son sens. Il sera alors très content de ce qu’on lui propose pour son rêve.
- L’interprète peut proposer au rêveur des choses gratifiantes pour lui.
D’autres cas sont possibles.