Projection et injonction


I) La projection

Projeter c’est donner à l’autre, sans en prendre conscience, des attributs qui ne sont pas les siens.
Par exemple, en interaction avec quelqu’un, vous pensez de lui qu’il est malhonnête. Cela peut bien sûr être le cas, mais vous pouvez aussi projeter. Cela veut dire que vous êtes de bonne foi, que vous croyez réellement (et peut-être viscéralement) que la personne en question est malhonnête, mais qu’en fait, cette idée vient de vous.
Contrairement au refoulement que l’on doit découvrir expérimentalement (en stage ou en individuel), je crois qu’avec du travail, on peut assez efficacement explorer cette chose là.

Vous pourrez peut-être explorer cela la prochaine fois que vous pensez déceler, avec suffisamment de certitude, une caractéristique chez une personne que vous rencontrez et que vous serez amené à revoir. Que ce soit votre intuition qui vous informe ou une information que vous pensez réellement avoir observé (la personne a dit ceci ou s’est comportée comme cela, …), il vous suffira de mettre en place une vérification, les autres fois où vous rencontrerez cette personne.
Si vous faites cela assez souvent, de temps en temps, vous pourrez observer votre projection.

Mais pourquoi est-il important d’explorer cela ? C’est parce qu’elle est une source d’erreur dans nos interactions avec les autres et que cela se fait inconsciemment : on est de bonne fois, intelligent, connaisseur du sujet mais on se trompe. Il est important dans les métiers relationnels de se protéger de cela. A réécrire !


Test de Rorschach
Test de Rorschach

Cette image représente le résultat du dépôt d'encres rouge et noir sur une feuille pliée en deux puis dépliée.
Elle n'a donc pas de sens particulier.
Ce que nous y voyons serait une projection, sauf que dans ce cas, nous savons que nous projetons.
Il s'agit donc plus d'imaginer que de projeter.



Quelques remarques

- J’ai demandé à la personne qui m’a très bien formé sur l’interprétation des rêves, quel conseil, s’il n’y en avait qu’un, elle me donnerait si je devenais psy (interprète de rêve). Sans hésitation, sa réponse a été : « De ne pas projeter ! ». Elle voulait dire que si je cherche à aider une personne qui veut changer, qui souffre, il va falloir que je vois clair en elle. Si je projette alors je prendrais de fausses pistes. Comme l’on projette inconsciemment, si je projette, je verrais chez mon client ce qui vient de moi et pas ce qui vient de lui. Il va donc falloir gérer cela. Projeter n’est pas la seule difficulté pour un psy mais, selon elle, c’est la plus importante.

Elle m’a régulièrement parlé d’une phrase de CG Jung : « Tout ce qui est inconscient est projeté ». Cela veut dire que tout ce que nous ignorons de nous même, nous allons le voir (souvent à tord) chez les autres, un jour ou l’autre. Cela se fera inconsciemment.
Attention, cette phrase ne dit pas qu’à chaque fois que nous projetons, ce qui est projeté vient d’une chose que nous ignorons de nous, une problématique par exemple. Si c’était le cas, nous aurions alors là un très bel outil d’introspection ! Nous pourrions alors chercher ce que nous projetons et en déduire à chaque fois des informations sur nous même.
Par contre cette phrase va dans le sens suivant : moins une personne aura de problème, et moins elle projettera.


- Il n’y a pas que dans les domaines psys (psychologie, psychothérapie, psychanalyse …) que la notion de projection est connue. Pendant très longtemps, les hommes de dieu (prêtre, imam, chamane, …) étaient les plus initiés sur tout ce qui concerne l’esprit humain : la psychologie étant une activité particulièrement tardive dans l’histoire de l’humanité.
Lors d’un culte, un pasteur prêche sur le sujet suivant : lorsqu’une personne a un défaut, cela ne nous donne pas le droit de l’agresser. Durant son prêche, il tournera cela dans tous les sens mais précisera bien : « Il n’y a pas que vous qui voyez ce défaut, d’autres le voient aussi ». Il ne prononcera pas le mot projection, mais précisera que d’autres aussi voient le défaut. Il était naturel qu’il fallait faire attention à ne pas voir ce qui n’existe pas. Pour ce pasteur, dans ce prêche, l’important était d’apprendre à ne pas agresser les autres et sa précision (« Il n’y a pas que vous qui voyez ce défaut ») secondaire. J’ai la même opinion que lui.

Il est singulier que dans les savoirs psys, cette tournure d’esprit religieuse (au sens se relier et pas au sens de l’existence de dieux) ne soit pas inclue : on parle de projection (de transfert …) et pas du tout de ne pas s’agresser entre nous alors que la chose est bien plus important puisqu’elle constitue une pré-thérapie.
J’ai fais une remarque dans ce sens à une psy qui avait comme principale activité d’aider les gens qui faisaient des burnouts. Je lui ai expliqué que nous n’en faisions jamais étant jeune. Comme nous avons le même âge, elle s’est rappelée de cela. Je lui ai alors expliqué que nous avions une morale concrète qui nous changeait. Nous répétions des phrases comme ‘ne pas faire aux autres ce que n’on ne veut pas que l’on nous fasse’,’ne pas parler des autres’,’ne pas faire de réputation’. Je lui ai indiqué que les psys devraient se préoccuper de cela. L’expression de son visage montrait le total étonnement : c’était évident mais malgré le fait qu’elle est en première ligne face aux burnouts. Elle n’y a pas pensé !


- Si la projection se fait inconsciemment, (c'est-à-dire que même si nous sommes expérimentés, nous pouvons voir chez les autres des choses qui n’existent pas) alors il faut envisager que de toute ce que nous voyons des autres, ce n’est que ce que l’on en pense. Je veux dire que cela peut être faut, par nature (parce que notre psychisme fonctionne ainsi) et pas par incompétence personnelle. C’est comme en informatique : écrire du code, c’est écrire des bugs. Tout informaticien qui écrit de long programme se trompe de temps en temps, même s’il est très compétent !


II) L'injonction


L’injonction se produit en général quand nous sommes petits. Un de nos parents (en général) exprime ce qu’il aimerait que nous soyons.
Il y a alors deux cas :
- Nous entendons ce qui est dit et y réfléchissons. Il ne se passe alors rien de particulier.
- Nous n’entendons pas ce qui est dit. Cela peut-être, car nous jouons ou parce que l’un de nos deux personnages intérieurs nous a un peu déconnectés (ou les deux situations en même temps). Dans ce cas-là, nous pouvons acquérir subitement des aptitudes ou inaptitudes sans que nous le conscient ayons vu ou entendu la scène.


une voix du passé dans notre cerveau


Selon moi, c’est un mode d’implantation. Un de nos deux personnages intérieurs a élaboré des aptitudes ou inaptitudes. Le fait qu’il entendre cela sans que le conscient n’intervienne, avec une intention de la part du parent qui nous parle permet d’implanter ce qui a été préparé avant.

Un rêve peut nous parler de cette scène. Il sera là pour réduire ou totalement effacer l’injonction. Ce rêve ne nous sera pas donné dans les première années de travail mais plus tard.

Je vais donner deux exemples personnels, car je n’en ai pas d’autres. Je n’en ai pas découvert avec les gens qui ont travaillé avec moi.
Je raconte ici, des choses impliquantes, mais la chose est normale, nous faisons de la psychologie et pas du génie électrique. De toute manière, je n'ai pas le choix.


Premier exemple.

Durant mon école primaire, on habite à Toulon et on passe les vacances dans un village entre Nîmes et Montpellier. Mes parents y ont une maison. Pendant ces vacances, je lis souvent l’encyclopédie 'tout l'univers'. J'aime beaucoup cela, c’est absolument magique. Je m’intéresse un peu à tout, peut-être un peu plus aux sciences et aux techniques, mais ce n’est pas flagrant.

Durant les vacances entre le CM2 et la sixième une scène exceptionnelle a lieu. Je lis quelques pages sur ces 'tout l'univers', mais à mon âge, j'ai l'impression de lire un chapitre d’un livre. C'est de la physique nucléaire. Sauf la dernière page, je comprends très bien. Une fois ces quelques pages lues, je pousse mon livre et m’allonge sur le grand lit sur lequel je suis.

Tout se passe comme si un dieu invisible était venu dans toute la pièce où je suis et m’avait demandé de découvrir quelque chose, de laisser quelque chose à l’humanité dans un domaine qui est celui que je viens de lire. Je devais devenir un grand savant. Un sentiment immense me transporte. Quelque chose de très très agréable, partout, mais un peu plus au ventre me submerge. Sans les sons et les éclairs, on peut penser à un quickening d’highlander :-). Il repart en m’ayant donné ce qu’il faut pour que plus tard, je fasse ce qu’il m’a demandé. Il me donnera les aptitudes et le plaisir de répondre à sa demande.


Je serais soit Physicien, soit Astronome, soit (mais un peu moins) ingénieur pour l’étude et la construction d’armes (si elles ne tuent pas beaucoup). Dans les mois qui suivront, je dirais « Un dieu m’a demandé de laisser quelque chose à l’humanité (une formule, un travail, une découverte...) ». Je garderais longtemps cette idée-là. Plus tard, cette scène me sauvera la vie !

Durant tout le collège, j’aurai de superbes capacités à faire des maths et de la physique. Dans une moindre mesure une bonne compréhension du français et de la SVT, rien en orthographe, grammaire et langues. Je n’ai aucune explication au sujet de mon inaptitude aux langues alors qu’une scène en CE1 explique mon orthographe et ma grammaire.

Si c’est des sciences, je n’ai qu’à peine à commander pour retenir ce que je veux. Par exemple, je lis que ‘le télescope de Newton avait un diamètre de 3,7 cm, grossissait 15 fois et était aussi bon qu’un réfracteur de 2 m’. Je n’ai presque rien à faire pour que la chose soit définitivement retenue.

Quelques semaines après, on retourne à Toulon. Je rentre en classe de sixième. Je demande à ma mère de m’acheter un livre de physique et un livre d’astronomie.
Au collège, on m’appelle ‘formule’, ‘le savant’, mais aussi vélo, car mon nom est proche de ce nom-là. Tout mon collège se passe bien, en apparence seulement.


En troisième, on passe deux tests : un en sciences et un en français (compréhension uniquement, et pas orthographe et grammaire). En science, je finis les tests. Ce sont des QCM. En français, j’en fais quelque chose comme les deux tiers. Ma petite voix (c’est de l’intuition.) me dit : « Regarde, tu n’es pas bon en français comme en science !». J’avais parfois des choses un peu inexplicables comme cela. Sans vraiment répondre à ce personnage qui me parle par l’intuition, je me dis que je n’ai jamais pensé être bon en français. Puis la prof annonce que c’est fini. Je lui indique donc que je n’ai pas fini. Elle me regarde, comme si j’étais stupide, en me disant que ces tests ne sont pas faits pour être finis. Son regard est assez méchant. Comme j’ai fini les tests en sciences et que c’est ma vie, j’essaierais de savoir à quel point je suis bon. Ce n’est pas l’orgueil qui me motive à cela, je veux juste évaluer la chose. Je veux évaluer ce que l’on m’a donné.

Plus tard, il faut aller voir les résultats et ce sont deux jeunes psys qui nous les donnent. Elles me disent que c’est très bien, que j’ai fini en sciences. J’ai fait quelques petites erreurs, mais très peu. Moi, je suis étonné et me retiens à leur dire que quand ce sont des sciences, je ne me trompe pas. Pour le Français, elles me disent que c’est bien (cela, je m’en moque) mais elles ne me parlent presque que des sciences. Elles parlent d’avoir la moyenne à la fille qui passe après moi !

Les profs de maths et de physique ne me disent rien. Je trouve cela bizarre, car je pense avoir fait quelque chose de peu commun. Je demande donc à la prof de français : « Et pour les tests ? ». Elle me répond : « En français, c’est très bon, ce n’est pas du niveau des sciences, mais c’est très bon ». Elle dit cela avec beaucoup de respect ! Un peu plus tard, elle me dira que je suis un très bon élève en français. Je lui réponds que non et je lui parle de mes fautes d’orthographe. Elle me dira que je devine parfois les cours qu’elle va faire et que les autres élèves n’y arrivent pas.


Mes profs de maths et de physique ont alors une attitude un peu étrange avec moi. Par exemple, ma prof de physique me déteste alors que je crois être l’élève parfait.

En classe de seconde, sans aucune explication, je perds mon don, mon sommeil devient infernal et quand je fais du sport, ce n’est plus pareil. En quelques jours, je deviens inapte pour faire des mathématiques, mais mes aptitudes à faire de la physique ne change pas, sauf s’il faut des maths pour décrire cela.


Vers 35 ans, je suis triste, car je dois encore découvrir quelque chose, mais n’en ai ni les aptitudes, ni l’envie.


Un peu après, je commence à faire un travail sur moi. Puis, je commence à me dire qu’il y a anguille sous roche avec cette chose-là de devenir un grand savant. Pour mes problèmes, j’interroge ma mère et un jour, elle me dit : « Quand tu étais petit, je voulais que tu deviennes un grand savant, que tu laisses quelque chose à l’humanité ». Je comprends alors ce qu’il s’est passé. Ma mère a prononcé cette phrase sans que je ne l’entende. Ma mère rajoutera : « Je ne sais pas pourquoi j’ai voulu cela, ça ne m’est pas resté longtemps ». Les sciences prennent alors immédiatement leur juste place : le week-end qui suit, je transforme ma deuxième chambre qui était un laboratoire de physique en autre chose.


Tout cela veut dire qu’il y a des scènes que le conscient ne voit pas, mais qui marquent et d'autres qui sont un peu factices !

Il faudra quelques rêves pour m’enlever la rancœur d’avoir perdu ce don. Puis d'autres pour laisser tomber avec cela.


Je vous en mets un.

(1) Je suis dans un endroit assez joli. Il y a des escaliers. Je suis agréablement surpris et me dis que j’avais vu cela dans les 'tout l’univers' quand j’étais tout petit. Pour moi, c’est un peu mythique. Je ne sais pas si c’est Chypre.
(2) Je visite ce truc que j’avais vu dans les 'tout l’univers'. Pour moi, c’était mythique.
(3) Dans cette partie que je visite, il y a une image alors que quand j’étais jeune, j’avais réellement vu ce qui est sur l’image (je voyais l’objet et pas l’image de l’objet.).


L'encyclopédie tout l'univers


Dès que je vois les 'tout l’univers' et un peu mythique, je comprend de quoi me parle ce rêve.

(1) Je suis dans un endroit assez joli. Il y a des escaliers. Je suis agréablement surpris et me dis que j’avais vu cela dans les 'tout l’univers' quand j’étais tout petit. Pour moi, c’est un peu mythique.

Je ne sais pas si c’est Chypre.

(2) Je visite ce truc que j’avais vu dans les 'tout l’univers'. Pour moi, c’était mythique.

(3) Dans cette partie que je visite, il y a une image alors que quand j’étais jeune, j’avais réellement vu ce qui est sur l’image (je voyais l’objet et pas l’image de l’objet.).


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