Transfert
I) Qu’est-ce que le transfert ?
Il y a transfert lorsque le conscient voit une personne et l’inconscient en voit une autre.
Ainsi, cela change notre relation avec la personne avec qui nous sommes en contact.
Vous pouvez rencontrer une personne et avoir l’impression de l’avoir toujours connu. Vous pouvez aussi la trouver spontanément très bien ou au contraire pas bien du tout. Cependant, il peut arriver de rentrer en transfert avec une personne que nous connaissons depuis des années : le transfert à lieu bien après la rencontre. Cela me semble bien plus rare.
La confusion ne se fait que, avec un personne qui nous a marqué. Cela peut être l’un de vos parents ou une personne importante pour vous dans la famille (positivement ou négativement). Cela peut aussi être un de vos supérieurs hiérarchiques (si vous l’avez eu longtemps comme supérieur et s’il vous a réellement marqué positivement ou négativement). Cela peut être un ou une ex.
Ainsi, il y a deux personnes : celle que nous avons en face de nous et une autre qui nous a marquée.
Sauf cas particulier, une personne lambda ne sait pas ce que c’est que le transfert. Il me semble que cela peut se découvrir en stage ou en individuel avec un psy. Si vous n’avez pas une scène particulière dont vous vous souvenez, vous ne savez pas ce que c’est. Je ne pense pas que cela se comprend en liant un livre. Si vous n’avez découvert cela qu’en lisant des livres ou des sites, gardez cela pour vous, vous risqueriez à votre insu de donner de mauvaises informations.
D’une manière générale, le transfert dans nos relations est négatif. Ne pas aimer une personne sans raison n’est pas souhaitable. Se faire ami avec une personne qui n’est pas si bien que cela n’a pas non plus d’intérêt.

II) Transfert et thérapie.
Certains thérapeutes pensent qu’il est souhaitable dans le cadre d’une relation patient-thérapeute, que le patient rentre en transfert. Cela permet de mieux percevoir les problèmes qu’à le patient.
Dans ce cas-là, le thérapeute est soumis à une relation particulière et doit gérer ce que cela induit chez lui. Il doit gérer un contre-transfert.
Personnellement, je suis en opposition avec cela. En général, les personnes qui consultent savent pourquoi elles viennent : cela coûte suffisamment cher pour cela. Pour moi, mes deux problèmes étaient plus que clairement identifiés. D’autres moindres étaient également parfaitement identifiés.
Il est déjà difficile juste de réduire un problème (même avec du temps) alors brouillé les cartes tant chez le patient que chez le thérapeute ne peux que rendre l’exercice encore plus difficile.

III) Sortir du transfert.
Premier exemple
C’était il y a longtemps, je rencontre un gars qui a un peu les mêmes centres d’intérêts que moi. Nous échangeons nos coordonnées. La deuxième fois que l’on se voit, je trouve cela très bizarre, mais j’ai totalement changé d’avis sur lui. Je le trouve petit (ce qu’il est dans la réalité, mais je le vois psychologiquement comme cela). Je vais chez lui, mais plus par politesse qu’autre chose. À part mon étrange sentiment, qui domine chez moi, tout se passe bien.
Je l’invite par politesse : il m’a invité ainsi, en retour, je l’invite aussi. Cependant, je veux en finir avec cette relation. Je fais ce qu’il faut pour cela. Comme il ne me montre rien, par politesse, je pense, je fais des choses de plus en plus osées. Comme je ne vois pas non plus la situation, j’augmente progressivement.
Puis il part et je ne le verrais plus. C’est ce que je voulais, mais je trouve que je suis allé assez loin. J’ai été immonde ! De plus, il n’y est pour rien.
Plus tard, je suis en contact avec ma psy : celle qui m’ a appris ce que je vous écris ici. Je lui dis « Christiane, j’ai été immonde avec un gars. Comment peut-on être à ce point immonde ? » Elle me dit alors « Vous êtes peut-être en transfert ? » Elle me demande alors de décrire simplement et sans intellectualiser comment je vois ce gars. Ce que je fais : je lui trouve quelques défauts et quelques qualités. Puis elle me dit : « Qui autour de vous à les mêmes qualités, mon père ma mère, ou une personne qui a été importante pour moi ? ». En quelques secondes, je suis très surpris de voir que c’est mon père !!! À cet instant, je sors alors du transfert : je n’ai plus d’inimitié pour ce gars et comprends mon immonde comportement.
La prise de conscience :
- Savoir que je suis en transfert
- Savoir qui est le personnage avec qui le transfert se fait
- Quelles caractéristiques relient ces deux personnages (mon père et ce gars)
me fait sortir du transfert.
Vous voyez ici un aspect négatif du transfert et surtout la méthode pour en sortir.
S’il se passe quelque chose de bizarre avec une personne, vous devriez envisager que cela soit dû au transfert.
1) Décrire simplement la personne avec qui la relation semble bizarre.
2) Chercher quelle est la personne avec qui nous traînerons.
3) Valider la sortie du transfert.
4) Si ce n’est pas le cas, il faut chercher autre chose qu’un transfert.
Une personne peut vous mentir ou vous agresser sans que vous ne le voyiez. D’autres possibilités existent.
Remarque importante.
Après un an de travail sur moi, et environ un millier de rêves, j’ai réglé tous les problèmes que j’avais avec mon père. Un rêve me le dit. Je le ressens : je ne le déteste plus. De plus, quelques mois après, un de mes amis me dit : « Tu en parles bien maintenant de ton père! » Son observation extérieure me confirme mon ressenti et le rêve qui m’a indiqué la fin de mon travail sur lui.
Comme tous les dégâts que mon père m’a cause durant mon enfance ne sont plus : je ne peux plus rentrer en transfert sur le père.
Deuxième exemple
Il a lieu durant une séance d’interprétation des rêves. Avant cela, sur plusieurs jours, je trouve ma psy très moyenne et ai envie d’arrêter de travailler avec elle. Puis, je lui parle de ce que je pense d’elle. Je fais cela bien sûr poliment. De suite, elle pense que je suis en transfert. Elle adopte alors la même technique que dans l’exemple précèdent. Je découvre que je suis en transfert sur la mère.
Instantanément, ce que je pense et ressens pour elle change. Je continue mon travail en ayant avec elle une relation maintenant normale.
Cette femme m’avait indiqué qu’il est bien plus souhaitable de ne pas être en transfert avec son psy (ou une autre personne). J’en ai maintenant la preuve.
Dans ce cas-là, la difficulté avait été d’envisager la piste que j’étais en transfert et pas l’application de la méthode pour en sortir. J’avais eux d’autres exemples que celui précédent, mais n’avais pas envisagé cela.
Lire ce chapitre vous donnera la méthode, mais il vous sera difficile d’envisager que vous ou une personne autour de vous êtes en transfert.
Vous pourriez cependant lire plusieurs fois ce facile et court chapitre pour vous imprégniez de l’idée pour avoir plus de chance d’envisager la piste du transfert. Mettons une fois tous les mois durant cinq à six mois.

Troisième exemple
Ce troisième exemple est là pour vous montrer que parfois les choses ne sont pas aussi simple que cela.
Vers dix-neuf ans, je rencontre un gars et nous avons un coup de foudre relationnel, malgré une maladresse de sa part le jour où nous nous sommes rencontrés. Nous sommes assez rapidement devenus amis.
Vers quarante ans, je commence à me rendre compte de qui est ma mère. Je comprends que mes vrais problèmes semblent venir d’elle. Je commence à observer toutes les agressions qu’elle me fait, l’air de rien, quand je viens lui rendre visite. Je ne peux plus la voir. Il y a donc de vraies et claires raisons à ces distances.
Cinq semaines après, je ne peux plus voir l’ami dont je viens de vous parler. Il y a aussi de réelles raisons à cela et des distances se mettent également entre nous.
Une paire de mois après, je prends conscience de cette correspondance temporelle. Je connais Christophe depuis une vingtaine d’années et, à cinq semaines près, je ne peux plus voir ma mère et lui. C’est presque en même temps !
J’essaie d’appliquer la méthode qui consiste à trouver ce qui est commun entre Christophe et ma mère, mais je ne trouve rien. Je précise que je fais cela plusieurs fois sur plusieurs semaines et non pas une seule fois en deux minutes.
Plusieurs mois après, ma psy me fait la remarque suivante : « Dites-moi Philippe, avec tous ces rêves où Christophe code votre mère, ne seriez-vous pas en transfert sur la mère avec lui ? » Je lui explique alors ce que je vous ai raconté juste en amont dans ce texte.
Ni elle ni moi ne trouvons la solution.

J’utilise alors une technique que j’utilise tout le temps dans ce domaine ou ceux que j’exploite a fond : ne rien lâcher.
Sur bien des mois, je repense à ces deux personnages. Puis, je finis par comprendre une chose de Christophe : il m’agresse sans que je l’aie vu avant.
Quand je l’ai rencontré, je ne savais pas que ma mère m’agressait sans que je le voie. Le jour où j’ai rencontré Christophe, il m’a agressé sans que je le voie. Voilà le point commun.
Cela souligne le fait que le transfert n’est pas le produit du conscient.
Je pense que c’est l’ego qui fait cela. Je n’argumente pas ici, mais selon moi, le transfert n’est pas un mécanisme, mais une influence.
Si c'est le cas, vous avez un argument de plus pour sortir du transfert : ce que fait l’ego est contre nous et contre le travail que nous faisons sur nous.